Textes libres

La rencontre inattendue

Vous habitez plutôt bien, votre corps, ma belle maitresse, il me semble dans votre façon d’être, que nous sommes fait pour nous aimer. J’ai l’impression vous regardant, que vous êtes un gouffre à fantasmes rien que pour moi, je vais pouvoir tous les l’imaginer et les réaliser jusqu’au dernier.
Bien sûr, nos corps ont-eu trop vite une conversation, longue, et répétée, mais aurions-nous pu opter pour un autre choix ou d’autres images, d’autres souhaits… oui bien sûr, mais où aurions-nous voulu risquer de nous rater ?
Je nous ai imaginé à la terrasse d’un café, à la table d’un restaurant, à discuter, à rire, à nous prendre la main, à nous regarder sans rien dire, à regarder la neige un soir juste avant le printemps jusqu’au soleil couchant. On aurait aimer y être dans tous ces endroits entre deux, on aurait voulu les vivre ces instants, mais on s’en moque un peu, peut-être parce qu’ils nous sont inaccessibles en mars 2021. Ils semblent nous narguer, alors on les méprise et l’on s’aime sans transition. Le réel est tout autre de nos jours, Mais il nous a fallu oser, prendre des risques, pour se pendre à nos cous.
Alors, Madame de Beaufort, ne m’en voulez pas, si nous n’avons qu’imaginé notre cour et que nous nous sommes peut-être un peu trop vite, retrouvé entre vos draps de satin blanc, mais je vous le promets, il y aura pour nous à tout refaire, comme dans un repas à l’envers du dessert à l’entrée.
A une autre époque en vous apercevant , je me serais levé de mon banc, je vous aurais galantement interpellée, je serais arrivé jusqu’à votre tyrolienne essoufflé, je vous aurais débité des banalités, passant pour un imbécile, ou pire, je vous aurais vous effrayée ! Je n’aurais été peut-être pour vous, que l’inconnu étrange, qui aborde les femmes dans les squares et en rentrant chez vous, vous auriez dit à vos filles : « Vous ne savez pas ce qui vient de m’arriver ? »
Non, ne vous inquiétez pas, Madame, je ne suis pas cet homme-là, Il ne vous arrivera rien de fâcheux avec moi. Rien que vous n’aurez prévu ou vu venir, soyez rassurée, vous êtes la seule qu’ainsi j’aurais abordé.
Je me glisse aujourd’hui entre et contre votre vie sans interférer, ni m’immiscer. Pour vous, je existerai ainsi, aussi longtemps que vous le voudrez.
Ma belle inconnue devenue, ma belle maitresse, qui aurait disparu au coin de la rue, si je n’avais pas osé, vous donner ma carte, afin que vous puissiez me recontacter… vous m’avez surpris à chercher dans la foule de visages vos beaux yeux de jade qui me regardaient à la dérobé, juste avant que vous ne chevauchiez la tyrolienne. J’ai eu l’idée saugrenue, le vœu secret, l’espoir lancinant, lorsque vous avez vu être pour vous, un bel inconnu, votre bel inconnu, devenu votre amant.

Jade, mon amour, tu es toujours sous mes paupières, tes cheveux sont mêlés aux miens, je peux te donner forme de mes mains et couleur dans mes yeux … tu ne me laisses plus dormir, tu vis dans tes yeux bleus ou verts et tu fais évaporer ma nuit, brûler mon soleil à minuit, tes mots me font sourire ou rire, je peux te parler sans avoir rien à dire.

Tu es toujours dans ma tête, tes cheveux toujours mêler aux miens, tu as la couleur que te donnent mes yeux dans tes yeux bleus ou verts et je ne peux, ni ne veux plus dormir, je veux m’évaporer avec la nuit et brûler au soleil de nos envies, de nos mots qui nous font rire, sourire et rire, même si je ne devais plus rien avoir à te dire, je continuerai à t’écrire.
Que tu es là, sous mes paupières, lorsque je ferme les yeux, je veux te rêver en pleine lumière à en faire évaporer les cieux, tu es dans la couleur de mes yeux, les sons dans mes oreilles, le goût sous ma langue, le touché de mes doigts, tu engloutis toute mon âme, comme une pierre de jade, comme une pierre de ciel. Tu es sous mes paupières et tes cheveux sont sont emmêlés aux miens, ta peau et tes lèvres fusionnent toujours aux miennes… je t’aime.

Ce qui est nous, ce sont les mots que l’on se dit que l’on écoute, les vibrations, l’attention, la violence des sentiments, le calme avant la tempête, le silence dans nos sonorités, l’effleurement, l’érectilité, la morsure de l’absence jusqu’au saignement du corps et de l’âme, l’observation, l’hybridité de nos gènes, la synthèse des fluides, la pudeur des sentiments dans la fragilité de l’instant…

La fragilité et la force, l’antagonisme de nos similitudes…

Je te retourne comme un pétale et prends tes jambes à mon cou, je lèche ton ventre et chacun de tes seins comme des fruits chauds et sucrés. Tu observes mes mouvements circulaires t’étreindre et envelopper ton corps.
Je plonge alors, vers ton sexe succulents, ma langue s’associe avec ton clitoris, attentionnée tu me remets toujours sur la voie de tes délices.
Alors ma langue ondule et tourne, va et vient comme si je voulais fondre une sucette, avant de l’aspirer pour me délecter de tout qu’elle peut m’offrir.
Puis je mords dans la chair de tes cuisses, de ton ventre, de tes fesses… tremblant sous l’ivresse du désir… J’aurais aimé continué infiniment à lécher ce bonbon, pour ne jamais en oublier la douceur et le goût.
Mais la tendresse est l’art de se situer entre le plaisir et le mal… pour assouvir davantage de nos envies… et je me dois aussi te laisser y trouver mon compte et t’abreuver de ton goût, alors je ramène mes lèvres à ton visage pour t’embrasser, te faire goûter ce mélange exquis qui a pénétré ma langue, imbibé mon palais, et parfumé mes lèvres…juste avant… de te prendre et te reprendre toute la nuit ! Et au matin, nos corps consumés, en redemandent, encore et encore, fantasmant déjà leur prochaine fusion…